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La méthode Borel-Maisonny - source «Plus tard je serai cuisinier» : Laurence et Thierry Rivat

La méthode Borel-Maisonny - source «Plus tard je serai cuisinier» : Laurence et Thierry Rivat

 

Qui est Madame Borel-Maisonny ?

 

Suzanne Borel-Maisonny (1900-1995) est une des fondatrices, en France, de l'orthophonie, profession qui permet de rééduquer en particulier les troubles liés au langage oral et écrit.

 

Eléments biographiques


Phonéticienne et grammairienne de formation, elle fut l'élève de l'Abbé Jean-Pierre Rousselot, l'un des fondateurs de la phonétique expérimentale.


Dès 1926, elle est appelée par le Docteur Victor Veau (1871-1949) qui opère les enfants atteints de divisions palatines et de becs de lièvre. Celui-ci lui demande d'observer les enfants opérés, dans le but de savoir s'il n'est pas possible de les aider à recouvrer une voix et une articulation meilleures.


Elle commence donc ses premières rééducations auprès d'enfants opérés de divisions palatines, d'une manière tout à fait expérimentale. Elle publia ses résultats dans la Revue de phonétique en 1929.


Son expérience lui permet de faire émerger une nouvelle discipline de réadaptation : l'orthophonie. Entourée d'une équipe de pionnières, elle obtint en 1955 la délivrance des premières Attestations d'étude d'orthophonie.


Petit à petit, parce que sa démarche était cohérente, elle en venait à s'occuper aussi de la parole, puis du langage et de la pensée langage ; c'est ainsi que l'orthophonie française a fini par englober la communication, le langage tout entier, qu'il soit oral ou écrit et quelle que soit son origine, fonctionnielle, organique, traumatique, ou due à des handicaps divers.


Elle est aussi la créatrice d'une méthode phonético-gestuelle où des gestes sont associés à des sons ; cette méthode est connue sous le nom de Borel-Maisonny.


Elle travailla aussi sur les troubles instrumentaux des enfants (dysgraphie, dyslexie, troubles du schéma corporel) avec le neuropsychiatre  Julian  de Ajuriaguerra, au sein de l'équipe de recherche pluridisciplinaire en psychologie et psychopathologie de l'enfant de l'Hôpital Saine-Anne-Henri-Rousselle.


Elle créa avec l'Association des Rééducateurs de la parole, du langage oral et écrit et de la voix en 1963, la revue Rééducation Orthophonique, maintenant éditée par la FNO (Fédération Nationale des Orthophonistes).


Elle a publié de 1929 à 1989 plus de 250 contributions consacrées à : l'analyse de la parole et de la phonation, la phonétique, l'acoustique, l'audiométrie, l'audition et la perception, l'acquisition et la structure de la parole et du langage, le retard de parole, le retard de langage, les dysphasies, la rééducation de la parole et du langage, les divisions palatines et les insuffisances vélaires, les déficiences auditives, la surdité verbale congénitale, l'audimutité, les aphasies, le bégaiement, l'articulation, les malformations bucco-dentaires, les dyslexies, les dysorthographies, le langage des déficients intellectuels, les dysgraphies, etc ...


La méthode Borel-Maisonny


A l'origine, la méthode Borel-Maisonny est un ensemble de gestes ayant pour but de faciliter l'entrée dans le langage. D'abord, utilisée auprès des enfants sourds, cette méthode est également reprise par des enseignants qui sont en contact  avec de jeunes enfants connaissant des difficultés d'expression.

 

La méthode Borel-Maisonny utilise le canal visuel. Il s'agit de gestes symboliques utilisés au cours de l'apprentissage de la lecture. Il y a un geste par son et non par graphie.

 

Ces gestes permettent de fixer rapidement la mémoire des formes graphiques et l'abstraction qui doit en être faite relative au son. Ils ne peuvent par conséquent être dissociés de l'apprentissage de la lecture.

 

L'apprentissage de la parole se fait en plusieurs étapes. Avant de découvrir le phonème puis par la suite son graphème, il convient de faire prendre conscience à l'enfant de ce qu'est un son et d'où il vient. Pour cela, un premier travail de gymnastique phonatoire est essentiel à toute approche de l'apprentissage de la lecture : on apprend à respirer et à maîtriser sa respiration (on fait expulser l'air des poumons en l'économisant ....). Puis, on commence le travail phonatoire proprement dit en travaillant sur les caractères phonatoires de chaque phonème : vibrations glottales ou non, vibrations orales ou nasales, position de la langue ....

 

La conscience de la position articulatoire est pour Madame Borel-Maisonny une condition indispensable à l'émission d'un phonème. Le geste associé au phonème permet de créer un conditionnement à l'identification de la lettre écrite et de l'articulation correspondante qui doit être d'une solidité parfaite.

 

Le geste permet aussi de travailler la tension, l'intensité et la durée du phonème.

 

Le geste, en outre, est très utile chez les enfants présentant des troubles de mémorisation. Le phonème n'est plus un élément sonore isolé. Il a, en plus, une image visuelle qui facilitera à la fois la mémorisation, mais aussi par la suite la relation phonème-graphème. Il est à noter que ces gestes disparaissent d'eux-mêmes dès que l'enfant a acquis les automatismes lui permettant de fixer phonème et graphème donc de déchiffrer.

 

La méthode Borel-Maisonny est une aide au déchiffrage. Pour que l'acte lire soit complet, il convient de travailler en parallèle sur le sens.

 

En résumé, la méthode Borel-Maisonny est basée sur 3 éléments essentiels :

 

- Phonèmes (son) : ce qui est entendu par l'oreille

 

- Articulation : ce qui est dit par la bouche

 

- Graphème (écriture) : ce qui est vu par les yeux.